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Xu Guan 15ème



Toujours en bordures de nos pratiques, Aikido, Tai Chi Chuan…nous continuons nos explorations.

Les deux textes touchant à l’érotisme que nous avions publiés au printemps ayant reçus un accueil, disons…intéressé, en voici un troisième.Evidemment la sexualité, l’érotisme et tout ça, ca croustille, et on n’a pas envie de s’en priver, mais plutôt avec l’alibi de l’intellect. C’est pourquoi ce qu’on vous livre cette fois-ci, c’est à nouveau du sérieux. La sexualité dite “taoïste”, les lectrices et lecteurs de ” Elle” et du “Nouvel Observateur”, sont depuis longtemps au courant. Mais il s’agit d’un passage d’une des premières études sur la question, celle de Henri Maspero, grand sinologue français du début du siècle passé, une étude qui reste de première importance. Et c’est bien de sérieux dont-il s’agit car il ne s’agit pas de parties de plaisir (bien que….) : ce dont il est question c’est de devenir… immortel, c’est-à-dire pour ceux qui ne lisent pas entre les lignes, d’échapper à la mort. Ce en quoi le Taoïsme est bien une religion du salut, puisqu’elle fournit un guide technique pour y parvenir, à ce salut.


Ceci étant dit, nous avouons qu’il y a une certaine complaisance à ne vous livrer que ce passage – justement celui-là – de son contexte d’origine, à savoir l’étude intitulée  ” LES PROCÉDÉS DE NOURRIR LE PRINCIPE VITAL DANS LA RELIGION TAOÏSTE ANCIENNE ” (Première publication : Journal Asiatique, avril-juin, et juillet-septembre 1937. Reprise dans « Le Taoïsme et les religions chinoises », Gallimard, Paris, 1971). Mais bon, comme ces histoires de taoïsme sont en fin de comptes assez complexes, nous n’avons, en quelque sorte, gardé que ce qui était le plus accessible, ce qui faisait le plus facilement image, le plus croustillant, comme nous le disions. Pour le reste, les textes et études sont désormais facilement accessibles (Maspepro, Despeux, Robinet…etc).


Pour comprendre la portée de ce dont il s’agit il faut savoir que le Taoïste ne conçoit pas l’immortalité comme nous le faisons, à savoir l’immortalité de l’âme, mais bien comme celle  du corps. C’est le corps qui devient  immortel, et on sait comment,  pour, quand même, composer avec l’évidence de la mort clinique de chacun, même celles des adeptes appelés à la sainteté,  il était dit de ceux-ci qu’ils faisaient “semblant de mourir”. Comme l’écrit Maspero “le fidèle a l’air de mourir et on croit enterrer son corps ; mais en réalité ce qui a été déposé dans la tombe, c’est une épée ou une canne de bambou à laquelle il a donné l’apparence de son corps, et le corps devenu immortel est sorti du cadavre comme la cigale sort de la chrysalide, pour s’en aller à son gré soit retourner vivre parmi les hommes en changeant de nom, soit habiter le paradis des immortels…”.


Dès lors comme dit toujours Maspero ” …puisque la Vie Éternelle est une vie dans un corps, et que le fidèle ne reçoit pas normalement un corps nouveau après sa mort, d’où lui vient son corps immortel ? C’est lui-même qui dans le cours de sa vie doit le fabriquer en lui. Et c’est là ce qui fait l’importance des pratiques diététiques, gymnastiques, alchimiques, etc. dans le Taoïsme, à côté des pratiques strictement religieuses : elles servent à la production du corps d’immortalité”.C’est dans ce contexte que prennent placent les préceptes de la vie sexuelle taoïste. Il s’agit, entre autre par ce moyen, “de conserver le corps, comme demeure commune de tout ce qui constitue la vie” en tenant compte de ce que “l’homme est fait d’un corps xing à l’intérieur duquel sont l’Essence jing, le Souffle qi et les Esprits shen, dont la réunion constitue la personne shen. Le développement de chacun de ces éléments constitutifs devient la raison d’être de nombreux procédés spéciaux consistant à les « nourrir » yang : procédé de « nourrir le souffle » yangqi, de « nourrir les Esprits » yangshen, de « nourrir le Corps » yăngxíng, dont l’ensemble forme ce qu’on appelle « nourrir le Principe Vital » yăngxìng.


Deux remarques.


Quid des dames? En effet, bien loin d’être mises au rancart, les femmes sont très présentes dans le taoïsme et il y a autant d’immortelles et que d’immortels dans les panthéons taoïstes, cela est attesté. Alors quid de leur pratiques sexuelles à elles? Nous n’en savons rien à part quelques indications dans le texte de Maspero qui spécifient certaines représentations mentales appropriées au femmes. Si donc une candidate à l’immortalité  lit ces lignes, qu’elle n’hésite pas à prendre langue avec nous. Nous nous ferons une joie de l’assister dans son effort.


Par ailleurs, il faut bien se rendre compte que tout cela suppose une certaine organisation et un certain contexte social. Coucher avec des jeunes filles, changer de femme tous les jours, l’époque est un peu chiche sur ces questions.  Nous craignons bien d’avoir à mourir un jour.


A écouter :



Amorous Meeting in a Room Interior 18webè


Rencontre amoureuse dans un intérieur (18ème)



Les procédés d’union du yin et du yang Pour nourrir le principe vital

Yinyang yangsheng zhi dao


Extrait de “LES PROCÉDÉS DE NOURRIR LE PRINCIPE VITAL DANS LA RELIGION TAOÏSTE ANCIENNE”  d’ Henri Maspero (1937)



Le Souffle qi en se transformant produit de l’Essence, jing, l’Essence en se transformant produit les Esprits shen ; et l’un des buts de l’Adepte taoïste est de conserver à l’intérieur du corps tous ses Esprits, de les empêcher de se disperser, et même de les renforcer. La circulation du Souffle développe en l’homme le Souffle, et par là conserve la santé, guérit les maladies et prolonge la vie.


Mais à côté de ces procédés, il y en avait d’autres destinés à développer l’Essence, à l’économiser, à la conserver, et enfin à unir le yin et le yang, afin d’obtenir des résultats de guérison des maladies et de prolongation de la vie analogue à ceux qu’on obtenait en développant le Souffle. Les deux séries de procédés se complétaient mutuellement lorsqu’on « faisait revenir l’Essence » huanjing. C’étaient des pratiques sexuelles, les unes privées, les autres publiques, que la pudeur chinoise a rejetées dans l’ombre dans les temps modernes, mais qui ont joué un rôle important dans le Taoïsme ancien, malgré une vive opposition, au moins dans certains milieux, dès le temps des Six Dynasties. Plusieurs livres spéciaux leur étaient consacrés : ils ont tous disparu du Daozang des Ming ; mais de longs fragments, cités dans des recueils médicaux japonais, ont été conservés, et de plus un texte au moins sur ce sujet a échappé à la proscription, parce qu’au lieu de former un livre séparé, il était seulement un chapitre d’un autre ouvrage. Les choses y sont dites fort crûment et sans périphrases : il s’agit de recettes de médecine et d’hygiène taoïste, et les traités de médecine ne peuvent s’embarrasser de circonlocutions ; mes traductions feront de même.


L’Essence, jing, chacun a la sienne propre qu’il produit lui-même dans la Demeure de l’Essence, jingshe, à proximité du champ de Cinabre Inférieur Xia dantian : « les hommes y cachent leur sperme, les femmes leur sang menstruel » nanzi yi zangjing, nüzi yi yueshui (622). Elle a son importance capitale dans la prolongation de la vie, car « chaque fois que l’Essence est petite, on est malade, et quand elle est épuisée, on meurt », déclare l’Immortel Pengzu. Il faut donc non seulement l’économiser autant que possible, mais encore l’accroître en l’agitant et en l’émouvant sous l’influence du yin sans la dépenser. Cela demande une technique spéciale : il faut connaître « l’art du yin et du yang qui prolonge la vie » yinyang yanming zhi shu et le pratiquer.


Rien n’est dangereux pour la prolongation de la vie comme l’union sexuelle inconsidérée :


coucher avec une femme, c’est comme conduire un cheval au galop avec des rênes pourries ; c’est comme approcher d’une fosse profonde dont le fond est garni de sabres, et où on craint de tomber.”


C’est un des actes qui raccourcissent le plus la durée de la vie. On énumère ainsi en ordre progressif les choses interdites qui diminuent la vie :


  • Interdit (sous peine d’) un jour (de diminution) de vie : en mangeant la nuit, qu’on ne se rassasie pas. [NOTE : qui mange à se rassasier pendant la nuit diminue sa vie d’un jour.]
  • Interdit (sous peine d’) un mois (de diminution) de vie : en buvant la nuit, qu’on ne s’enivre pas [NOTE : Qui se couche ivre pendant la nuit diminue sa vie d’un mois.]
  • Interdit (sous peine d’) un an (de diminution) de vie : la nuit il faut rester éloigné des appartements intérieurs. [NOTE : Un seul coït yijiao diminue la vie d’un an.]
  • Interdit (sous peine) de la vie : la nuit il faut protéger le Souffle. [NOTE : Quand on est couché, il faut avoir l’habitude de fermer la bouche ; si on ouvre la bouche, on perd le Souffle ; de plus les mauvaises (influences) entrent par la bouche.]


Au contraire, celui qui sait non seulement n’en souffre pas, mais encore en tire avantage.tai Chi Chuan in Brussels


L’Empereur jaune coucha avec douze cents femmes et devint Immortel ; les gens du commun ont une seule femme et se détruisent la vie (Huangdi yu qianerbai nü er xian, suren yi yinü er faming). Savoir et ne pas savoir, comment cela ne produirait‑il pas des résultats opposés ? Quand on sait le procédé, les maux provenant de coucher avec des femmes deviennent peu nombreux.


La simple continence ne saurait le remplacer, car elle est contre nature.


« L’Empereur Jaune demanda à la Fille de Simplesse (traduit depuis Maspero pas Fille de Simplicité), Sunü :

— Maintenant je veux rester longtemps sans copuler ; comment ferai-je ?

La Fille de Simplesse répondit :

— C’est impossible. Le Ciel et la Terre ont leurs (moments successifs) d’ouverture et de fermeture ; le yin et le yang ont leurs (moments successifs) de répandre et de transformer. L’homme imite le yin et le yang. Si vous ne copulez pas, l’Esprit et le Souffle ne se répandront pas, le yin et le yang seront retenus et obstrués : comment vous réparer vous-même… ?


Elle ne convient même pas aux gens âgés.


« La Fille Choisie Cainü (628) demanda à Pengzu :

— Qu’un homme à soixante ans tienne enfermée son essence (629), est‑ce possible ?

Pengzu répondit :

— Non. L’homme ne veut pas être sans femme ; s’il est sans femme, son attention yi s’agite ; si son attention s’agite, ses esprits shen se fatiguent ; si ses esprits se fatiguent, sa longévité diminue… Quand on retient de force l’Essence, il est difficile de la conserver et facile de la perdre, en sorte qu’on la laisse échapper, que l’urine se trouble, et qu’on prend la maladie du succubat gui jiao zhi bing (630).


Au contraire l’union sexuelle est utile à qui sait s’y prendre comme il faut, et un auteur taoïste fait dire assez naïvement à la Fille Choisie :


On ne lutte pas contre le penchant naturel de l’homme, et on peut obtenir d’augmenter la longévité : n’est‑ce pas aussi un plaisir ?  (buni renxing er ke yishou, bu yi le zai)


Un Adepte taoïste qui veut avoir un enfant (ce qui, au moins jusqu’aux Tang, n’avait rien que de normal, puisque les daoshi se mariaient, et que même ceux qui vivaient en communauté dans les phalanstères guan y vivaient en famille avec leur femme et leurs enfants) est tenu à prendre certaines précautions pour éviter de se faire du tort. Il doit au préalable « accroître son Essence » suffisamment pour que la dépense qu’il va en faire ne diminue pas sa vie.


Il ne faut pas ne pas faire attention, il ne faut pas ne pas être diligent. Si on a une seule éjaculation après plusieurs coïts, comme l’Essence et le Souffle sont devenus grands, cela ne peut faire que l’homme diminue sa vie ; mais si on en a plusieurs, l’Essence ne peut s’accroître et s’épuise.


Tous les auteurs sont d’accord là‑dessus.


Pengzu dit : Recette pour avoir un enfant. Il faut nourrir l’Essence et le Souffle : éviter d’émettre plusieurs fois. S’unir à la femme trois ou quatre jours après que, ses règles terminées, elle s’est purifiée (633). (Quand dans ces conditions) on a un enfant, si c’est un garçon, il sera intelligent, plein de talent, doué de longévité, noble ; si c’est une fille, elle sera sage et épousera un noble.


On arrive ainsi à remédier dans une certaine mesure au danger pour la vie de l’acte sexuel et de la dépense d’Essence qu’il occasionne. Mais il n’y a là qu’un palliatif. Ce qu’il faut, ce n’est pas seulement de savoir le rendre inoffensif, c’est de savoir l’utiliser et tirer avantage de son accomplissement pour la guérison des maladies, le prolongement de la vie et l’obtention de l’Immortalité.


Le procédé le plus simple est décrit en termes crus que j’abrège un peu  :


.1451_m copie« Le Taoïste Liu Jing dit :

 

Le procédé à employer toutes les fois qu’on couche avec une femme consiste d’abord à s’amuser tout doucement pour que les Esprits se mettent d’accord ; c’est seulement quand ils sont émus parfaitement depuis longtemps qu’on peut s’unir. Pénétrez quand (le pénis) est faible, retirez le quand il est ferme et fort (636) ; pénétrez seulement sans émettre ruo er nei zhi, jianqiang er tui, dan jie er bushi. Celui qui est capable de faire plusieurs dizaines de coïts en un seul jour et une seule nuit sans laisser échapper son Essence sera guéri de toutes les maladies, et sa longévité s’accroîtra. Quand on change de femme yinü plusieurs fois, l’avantage s’accroît ; si en une nuit on change dix fois de femme, c’est au suprême degré excellent.


Et le Sunüjing fait expliquer clairement par Pengzu :


L’essentiel de la règle consiste à coucher avec beaucoup de femmes jeunes sans jamais émettre l’Essence plusieurs fois (fa zhi yaozhe zai duo yu shaonü er mo shu xeijing) : cela rend le corps léger et écarte toutes les maladies.


Ce procédé simple est suffisant si on se contente de « nourrir le Principe Vital pour prolonger la vie ». Mais ce n’est qu’un exercice élémentaire ; ce à quoi il faut arriver, c’est à pratiquer l’art de « faire revenir l’Essence pour réparer le cerveau » huanjing bunao.


Un Livre des Immortels xianjing dit : Le principe de faire revenir l’Essence pour réparer le cerveau consiste à copuler pour que l’Essence soit très agitée ; (puis) quand elle va sortir, on saisit rapidement (le pénis) avec les deux doigts médiaux de la main gauche en arrière du scrotum et en avant de l’anus, on serre fortement, et on expulse longuement le Souffle par la bouche en même temps qu’on grince des dents plusieurs dizaines de fois sans retenir le Souffle. Alors, quand on émet l’Essence, l’Essence ne peut sortir, mais elle revient de la Tige de Jade yujing (le pénis) et monte entrer dans le cerveau. Ce procédé, les Immortels se le transmettent ; ils font serment en buvant du sang de ne pas le transmettre à tort et à travers.


Commentaire DDB : On passe ici les passages qui abordent avec plus de précisions les “techniques” et représentations mentales permettant la montée de l’Essence au cerveau par le canal médullaire (et qui distinguent d’ailleurs un travail masculin de celui approprié aux femmes)


La plupart des auteurs taoïstes s’occupent moins de théoriser ce qui se passe à l’intérieur du corps que de décrire les pratiques qu’il faut accomplir. Ils insistent surtout sur les changements de femmes, qui sont un des traits essentiels de ces procédés :


il faut changer de femme après chaque excitation ; c’est en changeant de femme qu’on obtient la Vie Éternelle.


Et ils en expliquent la raison.


Le Daoshi au Bœuf‑Vert Qingniu daoshi dit :… Si on couche constamment avec une seule femme, l’Essence et le Souffle de la femme s’affaiblissent peu à peu et elle ne peut donner grand profit à un homme ; de plus, cela fait maigrir .


Les changements doivent être fréquents ; mais les précisions qu’apportent sur ce point les auteurs sont plus théoriques que réelles : suivant l’Immortel Pengzu, douze échanges en une séance sont un procédé qui permet de garder dans la vieillesse un teint de jeune homme ; plus le nombre des échanges augmente, plus l’Adepte fait de progrès, et s’il arrive à neuf douzaines d’échanges, sa vie atteindra dix mille ans, toujours à condition d’interrompre à temps.


Le choix des femmes qui doivent servir de partenaires à l’Adepte taoïste dans ces exercices a une grande importance. Pengzu recommande d’éviter celles qui connaissent elles-­mêmes le procédé. En effet les femmes peuvent elles aussi le pratiquer et en tirer le même avantage que les hommes : il y a au moins un exemple célèbre :


Xiwangmu, c’est (une femme) qui a obtenu le Dao en nourrissant le yin, (image : immortelle taoïste et servante, époque Ming)Immortelle et servante


et elle est ainsi devenue immortelle. Une femme qui sait cherchera son propre développement et par suite ne sera d’aucun profit à son partenaire. Mais c’est surtout l’âge qui importe.


Si on trouve des filles au-dessus de quatorze ou quinze ans et au-dessous de dix-huit ou dix-neuf ans, le profit sera le plus considérable ; en tout cas il ne faut pas qu’elles dépassent trente ans ; et même une femme qui n’a pas trente ans, si elle a eu un enfant, ne peut être utile.


Certains recommandent de les choisir jolies ; d’autres n’y tiennent pas :


il n’est pas nécessaire qu’elles soient toutes belles et charmantes ; on les prendra seulement jeunes, les seins pas encore formés, mais bien en chair.


Un autre ajoute qu’elles doivent avoir


les cheveux fins, les yeux petits,… le son de la voix harmonieux, que les os des quatre membres et des cent articulations disparaissent dans la chair et que les os ne soient pas grands, que les parties sexuelles et les aisselles n’aient pas de poils, ou si elles en ont qu’ils soient fins.


Mais ce qui importe le plus, c’est d’éviter celles qui ont certains défauts dont on donne une longue liste : celles qui ont la peau épaisse, celles qui sont très maigres de corps, celles qui ont une voix masculine et le souffle élevé, celles qui ont du poil aux jambes, celles qui sont jalouses, celles dont les parties sexuelles sont froides, celles qui mangent trop, celles qui ont dépassé quarante ans, celles qui ont le corps toujours froid, celles qui ont les os forts et durs, celles dont les aisselles sentent mauvais, etc.



On arrête ici. Pour ceux qui en veulent plus, le Maspero est facilement disponible. Et pour ceux qui doutent de ce que tout ça ait été mis en pratique voici un texte extrait des mémoires d’un ancien Taoïste converti au Bouddhisme, Zhen Luan :


Quand j’avais vingt ans, j’aimais les pratiques taoïstes et j’allais au phalanstère, guan, les étudier. D’abord on m’enseigna le procédé du mélange des souffles, des Trois, des Cinq, des Sept et des Neuf, et de l’union des garçons et des filles (ordonné par) l’Écrit‑Jaune. (On joint) les quatre yeux, les quatre narines, les deux bouches, les deux langues et les quatre mains de façon à opposer exactement le yin et le yang. Ils prennent exemple sur le nombre des vingt‑quatre souffles (de l’année). Ceux qui s’adonnent à cette pratique réalisent la Formule Réelle dans le Champ de Cinabre ; mais ils prennent garde au Secret‑défendu et n’émettent pas sur la voie ; ils ne doivent pas être jaloux les uns des autres. Pour ceux qui s’adon­nent à cette pratique, tous les maux et les périls sont supprimés ; on les appelle les Hommes‑Réels ; ils sont sauvés et voient augmenter le nombre de leurs années. On enseigne aux maris à échanger leurs femmes : ils mettent la luxure au-dessus de tout. Les pères et les frères aînés sont debout devant et ne savent pas rougir. C’est ce qu’ils appellent l’Art Réel d’égaliser les souffles zhongqi zhenshu. Aujourd’hui les daoshi s’adonnent tous à cette pratique, c’est par elle qu’ils cherchent le Dao. Il y a des choses qu’on ne peut exposer en détail.

 

 

(622) Yunji qiqian, j. 58, 6 a. La Demeure de l’Essence Jingshi est « en face du nombril, à la hauteur de la 19e vertèbre (on compte en descendant) dans l’espace vide de la colonne vertébrale, à l’endroit où la colonne vertébrale se rapproche de la vessie en des­sous ». C’est probablement aux vésicules séminales que doit s’appliquer ce nom.


(628) Cainü était le plus bas des trois grades de femmes non titrés du Palais Impérial sous les Han : les Belles Meiren, les Recluses Gongren, et les Filles Choisies Cainü.


(629) C’est l’opinion généralement admise même chez les Taoïstes :

« La Fille de Simplesse Sunü dit : A 20 ans, une émission tous les 4 jours ; à 30 ans, tous les 8 jours ; à 40 ans, tous les 16 jours ; à 50 ans, tous les 20 jours ; à 60 ans, l’homme doit tenir son Essence renfermée et ne plus émettre. » (Sunü jing 1 a.)

(630) Yangxing yanming lu, sect. 6, 9 a. — Sur la « maladie du succubat », voir Sunü­jing, 11 b :

« La Fille Choisie demanda :

— D’où vient la maladie du succubat ?

Pengzu répondit :

— Elle vient de ce que, lorsqu’il n’y a pas d’union du yin et du yang (union sexuelle), la nature la désirant beaucoup, les démons guimei sous de fausses appa­rences font copuler (les gens trop continents).

(633) Cf. Dongxuanzi, 5 a :

« Du 1er au 3e jour (après les règles), c’est un garçon, du 4e au 5e jour, c’est une fille, après le 5e jour, on ne fait que diminuer son Essence et user ses forces sans résultat. »

Le Sunüjing, 10 b, donne les mêmes indications, mais ajoute le conseil de choisir l’heure qui précède le lever du soleil : « après minuit, à l’heure du Chant du Coq (1 à 3 heures du matin) », à l’inverse du Dongxuanzi, 5 b :

« Laozi dit : Un enfant fait à minuit a la longévité supérieure ; un enfant fait avant minuit a la longévité moyenne ; un enfant fait après minuit a la longévité inférieure.

— Dongxuanzi est Li Dongxuan, directeur de l’École de médecine de la capitale, yiboshi, au milieu du VIIe siècle (Zhou Mi, Qidong yeyu, j. 13, 19 b, édit. du Baihai).

(636) « Qu’appelle‑t‑on faire entrer faible et faire sortir fort ? On introduit la Tige de jade yujing, entre la Corde du Luth qinxuan et l’Indentation en forme de grain de blé maichi jusqu’à ce qu’il devienne grand ; alors on le retire. L’introduire alors qu’il est faible, c’est ce qu’on appelle faire entrer faible et faire sortir fort. Si la décroissance (du yin) et la croissance (du yang) se fait en quatre‑vingt (‑un) mouvements, ce qui est le nombre du yang, c’est le mieux. Laozi dit : Qui fait entrer faible et fait sortir fort connaît l’art de (prolonger) la vie ; qui fait entrer fort et fait sortir faible, eût‑il le meilleur destin, il périra » (Yangxing yanming lu, j. 2, 13 a‑b).

— Sur les quatre-­vingt‑un mouvements, et le procédé de pénétrer neuf fois peu profondément et une fois profondément jiuqian yishen xhi fa, cf. Yufang bijue, 4 a ; Sumüjing, 3 b.

— Pour la valeur des termes anatomiques, voir Tiandi yinyang jiaohuan dayue fu, 2 b (Commentaire) : « La Tige de Jade, c’est la tige mâle nanjing… La Fille de Simplesse sunü, dit : Les parties sexuelles féminines, à 1 pouce de profondeur (2 centimètres) s’appellent la Corde du Luth ; à 5 pouces de profondeur (12 centimètres), le Grain de Blé, gaoshi, si on dépasse le Grain de Blé (la femme) meurt. » Le Grain de Blé est le col de l’utérus ; mais l’Indentation en forme de Grain de Blé ne paraît pas dési­gner le même point : il y a en effet une série de termes spéciaux désignant divers points du vagin, termes mentionnés (mais sans définition) dans le Yufang bijue, 4 a‑5 a.




 



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Quelques poésies légères et mélancoliques de l’époque des Tang. Suivez le lien….

Ichi-go, ichi-e….

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Ichi-go, ichi-e. L’impermanence n’est que la permanence de la surprise. Lire l’article sur le “chanoyu” (cérémonie de thé) suivi par nos commentaires… 

Devancer l’aurore comme les oiseaux….

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Vous deux qui allez en avant, qui êtes nés les premiers, qui avez un éclat surprenant, je vous célèbre par la voix et certes aussi par la mortification ; vous deux , êtres éternels, divins, qui devancez l’aurore comme des oiseaux ; vous deux, exempts de passions, exempts d’orgueil, qui laissez derrière vous les êtres divers…..suivre le lien

Iyengar, le yoga, l’Inde et le monde…

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Interview de BKS Iyengar : où l’on apprend que nul ne l’égale, que les français sont de bon élèves et qu’il faut mourir sans pensée… suivre le lien…

Le choix du mot jûdô ou le goût de la morale….

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Extrait d’un article traitant du passage du jûjutsu au jûdô à la fin du 19ème siècle ….suivre le lien…

Les conseils de Yang Chen Fu…

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Tai chi Chuan Bruxelles / Yang Chen Fu

 

Les judicieux conseils de Yang Chen Fu, représentant notable de la famille Yang, comme sont nom l’indique… suiver le lien…

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